Journaliste:
- Ecoute, ça y est, le temps est venu où tu pars en tournée avec des gens comme Sly & the Family Stone, ce sont des gens dont on entend parler jusqu'ici en Jamaique. Quand vous jouez à la même affiche que des gens comme ça, est-ce que vous ressentez les choses différemment d'un concert en Jamaique où vous jouez seuls ?
Bob Marley:
- Je ne sens pas de différence, on veut juste jouer de la bonne musique, peu m'importe où je joue la musique, ce ne sont pas les gens qui jouent, c'est nous. On aime juste jouer de la bonne musique! La musique que je joue, ou plutôt la musique que j'aimerais jouer c'est une musique qu'on joue en Jamaique mais qui n'a jamais vraiment été comprise complètement. C'est le cas de la musique que je joue. Parce qu'à partir de maintenant, c'est ma musique à moi qu'on joue!
Journaliste:
- Tu es en couverture du Melody Maker en Angleterre. Ca doit vouloir dire qu'ils pensent beaucoup de bien de toi. Est-ce que c'est le niveau que tu voulais atteindre ? Sinon quel est le niveau que tu veux atteindre dans la musique ?
Bob Marley:
- Eh bien ce que je cherche c'est l'accomplissement de la révélation. Je ne dis pas que c'est mon travail d'aller là-bas à Babylone, ni vraiment de faire ce que je fais. Mais je me trouve en train de le faire et je ne peux pas m'en empêcher car une force plus grande que la force que je sais être en moi me pousse à le faire. Et je trouve que comme ça vient à moi, je le fais. Ce qui est important c'est que Sa Majesté Impériale Hailé Sélassie I est le dirigeant légitime de la terre. Et moi je suis un citoyen de la terre. Et Sion (Zion) c'est l'Ethiopie. Tu vois ? Bon je ne sais pas si c'est vraiment ma tâche que d'aller à Babylone et de réunir les jeunes, mais je me trouve dans un état d'esprit où, si je comprends bien, ça sert réellement à quelque chose pour quelque chose, tu sais. Et la révélation c'est maintenant.
Journaliste:
- Comment as-tu fait tes débuts en tant que chanteur ?
Bob Marley:
- J'ai commencé en pleurant! Et puis la musique devient partie de soi, ou la musique est partie de soi, ou était partie de soi.
Journaliste:
- Quand es-tu monté sur scène devant un public pour la première fois ?
Bob Marley:
- Vers 1959, 1960. Kes Chin avait une petite salle vers Queens, tu sais ? Un soir j'y ai été et j'ai été chanter une chanson et j'ai gagné une livre sterling. Et le type m'a dit qu'il fallait que je me mette sérieusement à chanter! A l'époque je chantais vers Darling Street, Salt Hill, Back'O'Wall (la première communauté rasta apparue à Kingston) et ces endroits-là, où j'étais avec des frères qui savent ce qui est vrai mais qui sont brutalisés juste parce qu'ils en parlent, tu vois ce que je veux dire ?
Journaliste:
- Tu sais Bob, j'ai l'impression que tu en reviens toujours à être conscient de la souffrance. Tu reviens toujours là-dessus. Est-ce que tu dirais que tu es amer ?
Bob Marley:
- Tu sais aujourd'hui je vois la terre, Neville. Et quand je vois la terre je sais que les gens vivent de fausses prétentions, pour ce que j'en juge. Et je sais qu'on a pas à souffrir de la façon dont nous souffrons. On ne souffre pas pour des questions matérielles, bien que d'une certaine façon les questions matérielles puissent devenir un objet qui nous fasse souffrir. A travers le peuple et les enseignements qu'il a reçu, et qu'il veut nous transmettre pendant tout le temps qu'on leur accordera pour le faire, aujourd'hui on montre la vérité aux gens. Alors ils se battent contre la vérité en disant que c'est par fierté et par respect d'eux-mêmes, parce que pour eux tous ces gens, là, ne devraient pas avoir à leur dire des choses qu'ils devraient savoir depuis très très longtemps. Donc on se sert d'une fausse fierté pour se battre contre moi parce que quand je parle de Rastafari avec l'expérience que les gens ont accumulée et ce qu'ils ont appris depuis tout ce temps, ils ne peuvent pas voir ce nouveau... mais il ne s'agit pas d'un nouveau vin (référence biblique), là je parle de la création, tu sais. Enfin, on ne peut pas voir ce qu'on a pas appris qu'on a besoin de voir. Donc je ne suis pas en colère ni rien, il n'est questionque de vérité, tu sais, et elle doit jaillir d'un homme comme une rivière.
Journaliste:
- Et ta manière à toi de la faire jaillir c'est ta musique. C'est ton mode d'expression.
Bob Marley:
- Oui, oui, comme tu dis.
Journaliste:
- Je ne crois pas qu'il serait juste pour toi de dire qu'aujourd'hui tu es un de ceux qui souffrent, en tout cas pas dans le domaine financier.
Bob Marley:
- Bon, si tu regardes ce qu'est l'argent, tu vois qu'il ne te fais pas souffrir, mais il ne fait pas non plus que tu ne souffres pas. Hein, en fait tout se passe dans la tête. Ecoute. Je suis un fermier. Et je ne vis pas d'argent. On ne m'a jamais donné un centime, moi je te le dis. Et il a bien fallu que je vive. Je sais jouer de la musique, mais je n'ai pas peur de la terre, je joue et si ça me rapporte de l'argent alors je saurai que mon coeur grand ouvert saigne du sang pour trouver de l'argent, tu sais. Parce que ce qu'il y a, c'est que Selassie Il est le Roi des Rois sur terre. Et qui, sur terre, est aussi riche que le Roi des Rois ? Donc, mon père est le pplus riche des hommes de la terre, et donc je suis très très riche! Notre esprit nous fait souffrir ici mais ce n'est pas pour des raisons matérielles, parce que Jah a dit qu'il ne donnerait jamais à un homme plus que ce qu'il peut supporter. Ca signifie que c'est pas la peine de me dire que quelqu'un ne boit jamais de thé, qu'il n'en a pas bu l'autre jour, parce que je sais très bien que s'il veut en boire il en boira; ainsi sont faites les choses de l'esprit.
Journaliste:
Tu mets tant de choses dans tes paroles, est-ce que ça te dérange que les jamaïcains ne les entendent pas autant qu'ils le pourraient ?
Bob Marley:
- Ce que j'en dis, c'est que beaucoup seront appelés mais seulement quelques-uns seront choisis, d'accord ? Et les gens doivent écouter jusqu'au bout, la trompette qui ne vient pas pour bénir (révélation 8. Les trompettes des premiers anges déclenchent des cataclysmes, et la trompette du septième ange - Révélation 11-15 - annonce l'ouverture du temple de Dieu au paradis), et les gens vont parler de Sa Majesté Impériale, le dirigeant légitime de la terre.
Journaliste:
- Des artistes invités à mon émission ont eu des mots très durs pour les producteurs de disques en Jamaïque et l'industrie du disque ici. Quelle est ton opinion ?
Bob Marley:
- Je pense qu'on a une belle révolution en ce moment parce que plein de jeunes qui ne pensaient pas enregistrer enregistrent. J'adore ce qui se passe. Vrai de vrai.
Journaliste:
- Tu as eu de mauvaises expériences avec des producteurs ?
Bob Marley:
- Oui, mais c'est ce qui a déclenché la révolution d'aujourd'hui. A force de nous traiter si mal, tu vois, ça fini par se savoir et les artistes ont commencé à lancer leurs propres affaires, à faire un petit quelque chose pour les petits sufferers, et à s'organiser dans le ghetto. Et les gars qui ont les gros studio et une voiture, dont on dit qu'ils sont de la classe moyenne et tout ça et qu'on peut aller voir au studio pour discuter et enregistrer une chanson pour un billet de vingt livres, tout ça est terminé. Il n'y a plus que les opportunistes qui traversent des tribulations maintenant, parce que les tribulations c'est des deux côtés: pour les jeunes qui arrivent, et pour les types qui deviennent vieux.
Journaliste:
- Est-ce que tu t'es jamais demandé si tu n'en avais pas assez de ce milieu ?
Bob Marley:
- Arrêter c'est autre chose, mais une fois j'ai cru que j'allais prendre mes armes et faire quelque chose. Mais Jah m'a dit, non, jeune homme. Cool. Parce que la terre est comme ça tu sais ? Et je suis content que ça se soit passé comme ça. Il y a trop de méchanceté partout tu sais.
Journaliste:
- Tu es un rastafarien. Depuis combien de temps ?
Bob Marley:
- Depuis combien de temps suis-je rastafarien ? Je suis un Rastaman, je suis rasta. Si je te dis depuis quand, je dois te répondre que c'est depuis la création, tu vois ce que je veux dire, si tu peux comprendre ça comme ça. Si je te dis dix ou quinze ans, c'est pas ça. C'est depuis la création.
Journaliste:
- En Jamaïque ils entendent parler de rasta, mais il y a un tas de choses qu'ils ne comprennent pas. Est-ce que tu peux expliquer ce que ça signifie exactement que d'être un rastafarien ?
Bob Marley:
- Je dirai aux gens soyez tranquilles, et sachez que Sa MAjésté Impériale l'Empereur Sélassie I d'Ethiopie est le Tout-Puissant. Et si quelqu'un a quoi que ce soit à dire, qu'il vienne, qu'il me dise tout haut ce qu'il a à dire: la Bible le dit, les journaux de Babylone le disent, et nous les enfants ont le dit, tu sais ? Alors je ne vois pas ce qu'on peut révéler de plus. Notre peuple veut que Dieu leur en révèle plus. Qu'est-ce qu'ils veulent, un Dieu blanc ? Et bien Dieu est apparu noir. Vrai de vrai.
Journaliste:
- Beaucoup pensent que bien des personnes se prétendant rastas ne sont en fait que de la racailles, comme dit une chanson.
Bob Marley:
- Beaucoup seront appelés mais peu seront choisis, tu sais. Il y aura des moutons, et aussi des loups déguisés en moutons. Et nous ne pouvons pas surveiller ça aujourd'hui car nous avons à vivre rasta et à connaître rasta, nous ne sommes pas là pour juger les hommes. Jah a dit qu'il était seul juge. Donc tous ceux qui, en voyant quelqu'un disent "oh, voilà un soi-disant rasta qui se promène", qui sont-ils pour dire ça, alors que Dieu a dit qu'il était le seul juge ?
Journaliste:
- En tant que rasta, que penses-tu du crime et de la violence qui se produisent ?
Bob Marley:
- (Il rit.) Qu'est-ce que je pense du crime et de la violence qui se produisent ? Que ce sont les lois qui causent le crime et la violence! La terre est arrivée sous forme de terre, et la terre a évolué avec l'arrivée de la Création qui est maintenant sur terre. C'est quelque chose qui est en rapport avec l'esprit. Maintenant toutes les lois auxquelles on se soumet nous causeront de la souffrance. Tout le monde sait ça. Ces lois qu'ils ont ne devraient pas être obligatoires.
Journaliste:
- Tu penses à des lois en particulier
Bob Marley:
- Toutes les lois. La seule loi qui soit une loi est la loi de la vie. La loi qui dit comment vivre. Réfléchis à ça: un homme construit sa ville il décide qui va la diriger. Ils veulent décider qui va habiter là (Il se réfère aux politiciens jamaïcains rivaux Manley et Seaga et à la guerre civile larvée qu'ils entretiennent dans les quartiers, notamment en attribuant des logements à leurs partisans) alors je ne veux pas avoir l'air de parler comme un politicien. Je ne veux parler que de droiture, dire que Jah c'est la terre, Jah est le dirigeant légitime de la terre et il ne construit pas de clôture en fil de fer.
Journaliste:
- Les rastas ne croient pas à la violence ?
Bob Marley:
- Les rastas ne croient pas à la violence. Un rasta ne croit pas, il sait. Tu vois, quand tu crois, c'est ça qui te détruit! Il faut que tu saches ce que tu sais.
Journaliste:
- Tu crois qu'il te faudra partir vivre à l'étranger si ta popularité continue à grandir ?
Bob Marley:
- Jah a dit dans les deux mille ans qui viennent, d'accord ? La terre est la terre. Deux mille ans. Maintenant on est en 1973. Comme je l'ai déjà dit je ne fais pas ça pour l'argent. Si Jah le dit, ou si Jah vient dans mon coeur et le fait vibrer de sorte que j'aille en Angleterre pour dire ces choses à nouveau ou pour aller en Amérique ou en Austrlie, il faudra que j'y aille parce que personnellement je suis un serviteur de Sa Majesté Impériale, je ne fais pas un dur travail, je ne fais que ce que Jah a dit que je devais faire. Et à travers lui je trouve le pouvoir de jouer de la musique, il me donne l'inspiration pour dire les choses, et les gens à travers qui il travaille, parce que je sais que Jah et moi avons été vivants dans toutes les vies. Certaines personnes sont le diable, d'autres sont des anges. Tu piges ? Alors tu sais, il y a tant de choses, il faut en garder certaines pour soi et essayer de découvrir ce qui se passe pour soi, parce qu'on peut dire des choses, au moment ou tu les dits elles ne sont pas forcément très justes. Tu vois ce que je veux dire ? Il faut vraiment le faire, parce qu'il y a des choses que Jah t'enseignera chaque jour et parfoois il faut apprendre, il faut que tu saches ce qu'il dit. Il faut chercher à comprendre et découvrir.
Journaliste:
- Est-ce que les gens qui ne comprennent pas ce dont tu parles t'ennuient ?
Bob Marley:
- Je suis désolé pour eux. Parce qu'un de ces jours ils vont devoir supporter de terribles tribulations alors qu'ils n'y sont pas obligés. Et ce n'est pas... tu sais, personnelement je sais que mon coeur peut être dur comme de la pierre. Et à la fois mou comme de l'eau. Tu voi ce que je veux dire ? Mais en même temps je suis aussi désolé pour ce qui ne connaissent pas Sa Majesté Impériale, parce que comme ma mère me disait, il y en a qui préfèreraient être morts lors du jugement mais ce n'est pas possible. Et nos jours sont ceux du jugement dernier. Tu sais seuls les plus aptes des plus aptes survivront, comme disait Marcus Garvey. C'est comme ça.
Journaliste:
- Mais dis-moi en tant que rasta, que ressens-tu d'être Jamaïcain ?
Bob marley:
- La Jamaïque c'est la Jamaïque, l'Afrique c'est l'Afrique, moi je suis rasta. Il faut aussi que je choisisse un endroit sur terre où je sais que je veux vivre. Et je sais que je veux vivre près de mon père, et mon père vit en Ethiopie.
Journaliste:
- Tu espères aller vivre en Ethiopie ?
Bob Marley:
- Je n'espère pas. On y va. Très très bientôt. On est en 1973, bientôt 74, tu sais. Et Jah a dit, "Avant qu'un seul de mes mots ne disparaisse, le paradis et la terre se seront écroulés". Tu piges. Il a dit qu'il allait préparer un endroit et là où il est nous serons nous aussi.
Journaliste:
- Es-tu satisfait du contrat que tu as avec Island ?
bob Marley:
- La satisfaction n'est pas chose facile à obtenir, tu sais. Ca dépend de ce que tu veux satisfaire. Alors je vais te dire que je peux voyager quand je veux et c'est la chose la plus importante.
Journaliste:
- Ton groupe s'appelle Bob Marley & the Wailers. Vas-tu faire une carrière solo ou es-tu fidèle au groupe ?
Bob Marlay:
- Oui. Le groupe c'est les Wailers. Pour une raison ou une autre ils disent Bob Marley and the Wailers, mais je n'ai jamais dit à personne de dire ça. Jamais. Mais il ya sûrement une raison pour qu'il le fassent, non ? Moi, je suis un Wailer. Et c'est comme ça.
Journaliste:
Est-ce que tu as une méthode pour composer ?
Bob Marley:
- La première fois que j'ai essayé d'écrire une chanson, c'était la première fois que j'ai essayé de jouer de la guitare. Donc je ne peux pas écrire de chansons sans guitare. Mais tout grandit ensemble, je n'aime pas non plus me contenter de la guitare. Mais ça vient, c'est l'inspiration de Jah qui passe par l'homme, tu sais et tu te contentes de... parce que personnellement je pourrais écrire, on pourrait se dire que je suis capable d'écrire un tas de chansons, mais je n'écris que celles que je choisis spécialement, alors qu'en fait dans ma tête il y a plein de choses.
Journaliste:
-Tu as collaboré de très près avec Johnny Nash, qui a repris plusieurs de tes morceaux. On a entendu certains se demander si Johnny Nash traitait notre ami Jamaïcain comme il faut. Qu'en est-il exactement ? Nous sommes assez libre dans ce programme...
Bob Marley:
- Et bien ils m'ont donné de l'argent l'autre jour tu sais et ils voudraient que je signe un autre accord avec eux mais... en réalité j'ai vu ça comme si... (rires), tu sais, parce que... tcha! Tu sais, je ne veux pas dire de mal d'eux mais en fait je n'ai pas grand chose de bien à dire non plus.
Journaliste:
- Mais qu'est-ce que tu penses de ces Américains qui font du reggae et gagnent beaucoup d'argent avec comme Johnny Nash, Paul Simon ?
Bob Marley:
- Ce qu'on fait avec ces gens revient à essayer de nous tuer. On ne leur suffit pas, c'est ça ? Ces gens sont trop méchants! Neville, ces choses-là m'énervent. Combien de bons artistes il y a en Jamaïque ? Pour eux c'est rien de dire "on va faire un bonenregistrement et on va essayer d'en faire quelque chose". Mais on te demande de venir au studio et tu enregistrent quinze chansons en une après-midi. Alors un type dépense quinze mille dollars pour faire un album, et quand l'album sort, il se vend à un million d'exemplaires. Donc il n'y perd pas.
Journaliste:
- Tu veux dire que ces gens ne dépenseraient pas leur argent sur nous ?
Bob Marley:
- Ils ne veulent jamais le faire! Ils attendent qu'un type comme Johnny Nash et ses amis lancent un truc (Nash a eu un succès avec un rock steady enregistré en Jamaïque en 1968), on a vu arriver un tas de gens et puis et puis une fois qu'ils sont partis, ils veulent bien qu'on essaye aussi. Il faut qu'on ait notre propre studio et tout ça, et c'est ce qu'on essaye de faire, parce que si on le veut, alors Jah fera qu'on l'aura.
Journaliste:
- Tu veux un studio ?
Bob Marley:
- Oui parce qu'on veut faire de la musique. Il y a trop de gens là qui doivent traverser trop de choses à cause de leur classe.
Journaliste:
- Ca fait déjà plusieurs fois que tu parles de classe, de classe moyenne...
Bob Marley:
- Oui, parce que j'en suis venu à réaliser qu'ils nous divisent en classes, et je suis pas d'accord avec leur méchanceté. On ne peut pas diviser le peuple, comment peut-on diviser le peuple, certains ne font même pas quatre pieds de haut et ils se croient capable de diviser le peuple!
Journaliste:
- Oui, c'est vrai. Ecoute Bob, on a plus de temps, mais je voudrais juste te demander si tu as quelconque espoir pour notre pays la Jamaïque aujourd'hui.
Bob Marley:
- De l'espoir dans le pays ? Et bien oui, la Jamaïque est belle, un super endroit. J'aime vraiment la Jamaïque parce que j'ai marché sur plus d'un chemin caillouteux et sur un tas de collines, mais je pense que ce pays a vraiment besoin d'une direction. Pas une de ces bonnes vieilles séries de signatures d'accord, mais une direction dans le sens où... que se passe-t-il avec la terre ? Il faut qu'on laboure le sol, et on n'a pas besoin d'esclaves pour faire ça. Il faut juste de la compréhension.
Journaliste:
- Oui, et tu as commencé puisque tu as dit que tu étais un fermier!
Bob Marley:
- Je suis un fermier, j'ai dit, depuis la Création.
Journaliste:
- OK Bob Marley, c'était un plaisir de parler avec toi.
Music Vibes: spécial Bob Marley & the Wailers